Anthracite Galerie

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Marc André Boutin

" Un dernier souffle"

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du 10 juin au 30 juin 2013

Rétropective de l'artiste internationale " Vittorio"

Vittorio est né le 2 novembre 1932 à Zara, sur la côte Dalmate, de parents italiens. Son père était policier dans la marine. La côte Dalmate était à l’époque un territoire italien. Il passe un enfance de rêve sur les bateaux et le bord de la mer. Durant la guerre, en 1943, la famille retourne à Venise où Vittorio veut devenir écrivain. Dans la cité des Doges, il lui est difficile de s’intégrer car il est considéré comme un étranger même si son père était originaire de Venise et sa mère de Rome. Il gagne plusieurs prix d’écriture. Il veut immigrer en Australie, mais ses papiers sont égarés. Il choisit le Canada, un peu par hasard, car il aimait les bandes dessinées sur les Indiens et la police montée. Il arrive donc le 6 décembre 1951 à Halifax, à 19 ans. En sortant du bateau, il est sélectionné de manière arbitraire pour se rendre à Montréal plutôt qu’à Toronto. Il emménage alors dans le Vieux-Montréal, sans le sou. Selon lui, c’est le destin qui a choisi.près son arrivée, la barrière linguistique l’empêche de poursuivre sa carrière d’écrivain. Il ne parlait ni le français, ni l’anglais. Pour combler son désir de s’exprimer, il se met à dessiner. Il fait plusieurs petits métiers. Il ramasse des balles de golf et travaille dans l’industrie du tabac en Ontario. Toujours en 1951, la compagnie Eaton voit ses dessins et décide de l’engager pour faire des vitrines. Il sera congédié deux mois plus tard. Dans la petite Europe ( terme qui désignait le Vieux-Montréal à l’époque ), il rencontre Guido Molinari, Jean-Paul Mousseau et Gilles Groulx.

Pour se faire connaître, il crée des affiches fictives. Pour une soi-disant « Exposition internationale d’art pornographique », il réalise son affiche renommée où il illustre le sexe du femme par une serrure surmontée d’un nombril arborant une moustache. Son premier contrat est un projet qu’il a conçu au printemps 1962 pour annoncer la visite de Norman Mailer à Montréal. Il réalise ensuite, en 1964, l’affiche pour le long métrage de Claude Jutras, À tout prendre. Sa carrière est lancée.

Il travaille comme designer graphique en créant l’identité visuelle originale des boutiques le Château au début des années 70. Durant les années 1960 et 1970, le monde du cinéma (films et festivals) se l’arrache. Il devient directeur artistique pour le Festival international du film de Montréal (devenu Festival des films du Mmonde) en 1965. Sa percée internationale commence vers la fin des années 70, alors qu’il remporte un grand nombre de prix pour ses affiches à l’étranger. Il fait quelques bandes dessinées pour la revue Nous, fondée en 1973 par René Homier-Roy et pour le journal Balloune. C’est dans ce journal qu’il crée le personnage de Victor. La créature verte deviendra la signature graphique du Festival Juste pour rire en 1983. Par la suite, on reconnaîtra sa signature graphique dans ses réalisations pour l’Opéra de Montréal (1990), le Salon des métiers d’art (2000-2001) et le Festival de montgolfière de St-Jean-sur-Richelieu (1997-2000). Il a aussi réalisé huit couvertures pour le Time magazine. « Un de ses clichés les plus célèbres est certainement cette photographie de Geneviève Bujold qui a fait la couverture du Time Magazine, en septembre 1970 », se souvient le caricaturiste au quotidien Le Droit Guy Badeaux, qui a très bien connu Vittorio durant ces années-là1.

Il meurt le 27 juillet 2008 à l’âge de 76 ans des séquelles d’un accident vasculaire cérébral.